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Harcèlement à POLE EMPLOI : le "Donald Trump de la CFTC" mis en cause

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Harcèlement à POLE EMPLOI : le "Donald Trump de la CFTC" mis en cause

Message  efe le 12/7/2018, 17:14

Rajout : ce post à été mis en ligne hier 12 juillet. On me fait remarquer que le NOM du "harceleur" devrait être retiré alors exceptionnellement je vais  mettre à la  place du nom les initiales de cet odieux personnage (et c'est un doux euphémisme  Twisted Evil  Twisted Evil  Twisted Evil  Twisted Evil )  

Mais ne soyons ni dupes ni faux cul le NOM figure dans l'article de MEDIAPART https://www.mediapart.fr/journal/france/050718/harcelement-pole-emploi-le-donald-trump-de-la-cftc-mis-en-cause?onglet=full , article repris et mis en ligne
en date du  6 juillet sur le site MEDIA POLE http://media-pole.com/index.php/actualites/2460-harcelement-a-pole-emploi-le-donald-trump-de-la-cftc-mis-en-cause


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Harcèlement à Pôle emploi: le «Donald Trump de la CFTC» mis en cause

vendredi 6 juillet 2018 10:02
Écrit par Médiapart - MATHILDE GOANEC

Plusieurs salariés de Pôle emploi ont porté plainte contre des agissements de l’ancien président de la CFTC Emploi, qui a démissionné de ses mandats à la mi-juin. Les syndicats et la direction de Pôle emploi se déchirent sur le sort de ce responsable, accusé de harcèlement moral et sexuel, ainsi que d’agression sexuelle.

Il s’agit de l’histoire d’une double emprise, racontent ceux qui l’ont vécue. Pendant plusieurs mois – certains pendant des années –, des salariés de Pôle emploi disent avoir subi une forme de harcèlement moral ou sexuel de la part du directeur adjoint de la plateforme téléphonique d’Île-de-France de l’organisme. L'homme était également président de la CFTC Emploi (le syndicat qui regroupe les salariés de Pôle emploi, de l’Afpa et de l’Apec) et vice-président de l'échelon supérieur, la fédération Protection sociale et Emploi de la CFTC. Un syndicat qui, comme les autres, a pourtant officiellement pris position contre le harcèlement, le sexisme et les violences faites aux femmes.

Au moins deux plaintes et une main courante ont été déposées contre ce responsable à la double casquette. Ces plaintes ont été transmises au parquet du tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, qui décidera ou non de l’ouverture d’une enquête. Une confrontation a d'ores et déjà eu lieu mi-avril avec au moins l'un des plaignants. Une enquête CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a également été lancée en mars 2018 au sein de Pôle emploi, sans que ses conclusions ne fassent consensus entre la direction et les élus syndicaux et sans qu'aucune sanction n'ait encore été prononcée.

WG, le responsable incriminé, dans la tourmente depuis des mois, a néanmoins démissionné de tous ses mandats syndicaux à la mi-juin, à l’issue d’une enquête interne à la CFTC. Il est en outre sous le coup d’une procédure d’expulsion de son syndicat. Il est cependant toujours titulaire de son poste à Pôle emploi. Interrogé par Mediapart, il n’a répondu à aucune de nos questions (voir notre Boîte noire).

Le premier à donner publiquement l’alerte a été Karim (prénom d’emprunt), syndicaliste et cadre au sein de la plateforme « 3949 » de Pôle emploi Île-de-France, basée à Noisy-le-Grand, qui emploie environ 300 personnes pour répondre aux besoins des demandeurs d’emploi. Militant depuis plus de dix ans à la CFTC, Karim a déposé une plainte en février contre celui qui est à la fois son président syndical et son responsable hiérarchique.

Il a prévenu un mois avant son employeur, ainsi que la CFTC, à la suite de la perte de son mandat de délégué syndical, décidée par WG. « J’avais l’impression d’être son boy, relate Karim, rencontré début juin, encore très affecté. Il me rabaissait tout le temps, me traitant de “fonctionnaire”… J’ai choisi le syndicalisme pour me battre pour les gens, parce que je crois dans les valeurs portées par la CFTC. Cette histoire m’a totalement brisé. »

Sur le procès-verbal de la plainte, les faits sont détaillés. « Il m’envoie régulièrement des messages ou des mails incessants, il m’appelle régulièrement, que ce soit sur mon temps de travail ou mes temps de repos, même dans la nuit », raconte Karim à la police. Dans ces échanges, il apparaît clairement que le responsable CFTC WG, pourtant délégué à 100 % pour son syndicat, conserve l’accès et l’usage du logiciel comptabilisant le temps de travail de ses agents et camarades syndicaux, et ne se prive pas de l’exploiter, surveillant les déclarations d’enfant malade, les visites chez le médecin ou les départ en vacances.

Comme l’attestent des dizaines de SMS envoyés entre 2015 et 2018, le responsable, censé représenter les salariés et agents de Pôle emploi dans toute la France au nom de la CFTC, demande également à Karim, dont la femme travaille dans le domaine du luxe, de lui acheter du parfum ou des vêtements, insiste pour bénéficier d’avantages afin d’obtenir des montres ou des sacs, réclame une photo de l’épouse de Karim, le soir de son anniversaire…

Karim s’exécute, en partie par crainte de « punition professionnelle », mais aussi pour conserver ses mandats syndicaux au sein de Pôle emploi. Avec la sensation lancinante d’être « pris au piège ». Il tombe malade en novembre 2017 et pense au suicide au début de l’année 2018. Des courriers émanant de la médecine du travail confirment une véritable détresse. « Il faisait du chantage à mon statut de délégué syndical, alors que je me suis battu comme un chien depuis des années, que j’ai fait grimper le nombre d’adhérents et que je me tapais tout le boulot, relate Karim. Professionnellement, j’ai aussi raté des opportunités, parce que je croyais à ses promesses. »

« Tu crois que je peux en faire une de mes maîtresses ? »

Dans les échanges SMS, la personnalité et la méthode de WG se dessinent, confirmées par d’autres témoignages que Mediapart a recueillis. À plusieurs reprises, WG demande à Karim de lui organiser des rendez-vous avec des adhérentes du syndicat emploi de la CFTC et multiplie les allusions sexuelles : « Pense aux coordonnées de la personne des intermittents… Et savoir si elle est disponible pour un groupe de travail à quatre ou à deux… » ; « Tu connais la blonde ? » ; « Je vais lui caresser les cuisses » ; « Tu crois que je peux en faire une de mes maîtresses ? », etc.

Celui qui se qualifie au cours de ces échanges de « Donald Trump de la CFTC Emploi » ne s’est pas contenté de demander conseil. Plusieurs femmes témoignent d’agissements allant bien au-delà du cadre syndical ou professionnel. Sophie (prénom d’emprunt), adhérente à la CFTC, contacte WG alors que ce dernier vient d’être élu président du syndicat. « J’ai fait appel à lui après avoir subi le pire que l’on puisse subir dans mon travail, où j’étais harcelée par ma supérieure hiérarchique. J’avais besoin de lui pour trouver une issue, pour qu’il m’aide à me sortir de ses griffes. »

Mais les SMS que Sophie reçoit prennent rapidement un tour inattendu. Alors qu’ils doivent déjeuner pour parler de son dossier, WG l’interroge sur sa tenue de working girl. Puis devient insistant : « Je t’imagine justement en dessous en cuir pleine fleur pour le dessus avec de jolis escarpins noirs vernis. » La salariée tente de « recadrer » son collègue et camarade syndical : « J’avais tellement peur que mon dossier ne soit pas traité que j’ai mis ça de côté, en essayant de relancer la conversation sur un niveau plus intellectuel, en ménageant la chèvre et le chou. » Elle ne parvient pas cependant à tarir la salve de messages, parfois envoyés en double : « Demain alors avec ton fouet ?? » ; « Tu peux me faire un petit SMS sinon c’est moi qui vais te fouetter comme le marquis de sa… » (sic) ; « Tu auras ta tenue de panthère ? »

Sophie prend peur à l’occasion d’un séminaire organisé par le syndicat CFTC dans un hôtel parisien en 2017. Plusieurs textos lui proposent de prendre son maillot de bain, de « venir dans [sa] chambre pour prendre une coupe de champagne et manger des macarons », de lui donner « une fessée ». Au cours de la soirée, Wilfrid Goyat insiste pour avoir son numéro de chambre, alors que Sophie lui redemande, une énième fois, s’il est possible de « porter un regard sur son dossier ». « Comme je n’ai pas répondu à ses avances, je n’ai presque plus eu de nouvelles, raconte Sophie. Le message était clair : si j'acceptais, il se passerait quelque chose sur le plan professionnel. Mais comme cela ne fut pas le cas, rien n’a bougé pour moi. »

La salariée en a informé les services de police en 2017. « J’ai presque 60 ans. Ces SMS, c’est embêtant, mais j’ai surmonté tout ça. Mais si personne ne dit rien, qu’est-ce qu’il va se passer ? Pour les femmes plus jeunes, moins aguerries ? » D’après nos informations, le responsable syndical aurait opéré de la même manière auprès d’une autre militante, qui a porté plainte pour agression sexuelle après qu’il a tenté de l’embrasser. Interrogée par Mediapart, cette ancienne militante confirme avoir porté plainte mais ne souhaite pas revenir sur les faits, se jugeant trop fragile psychologiquement.


« M. Goyat avait tendance à avoir, disons, des coups de cœur, raconte Carine (prénom d’emprunt), autre déléguée syndicale CFTC à Pôle emploi. J’ai aussi eu affaire à lui. » Alors que tous deux préparent un dossier pour faire monter d’un échelon Carine, le syndicaliste demande par texto à sa collègue dans quelle tenue elle prévoit de venir à la prochaine réunion. « J’ai répondu : “En peau de vache”, ça l’a stoppé net. Mais du coup, j’ai eu une proposition minable pour mon échelon. Il m’avait lâchée. »

L’ascension militante de Wilfrid Goyat, entré à la CFTC il y a trois ans seulement, est fulgurante : devenu en très peu de temps délégué syndical puis président du syndicat pour toute la France, il était jusqu'à la mi-juin 2018 le vice-président de la fédération Protection sociale et Emploi de la CFTC et donc détaché à temps plein pour son activité militante. Au sein de Pôle emploi, forte de ses résultats au sein des deux dernières élections professionnelles, la CFTC est par ailleurs en position de négocier des accords, d’obtenir des heures de délégation et d’avoir des élus mandatés pour siéger au sein des différentes instances.

C’est WG qui gère les postes et les mandats syndicaux, qu’il distribue à sa guise, comme le révèlent plusieurs témoignages et SMS. C'est aussi lui qui a la main sur le magot des « heures de délégation », ces heures réservées à l'action syndicale, qui permettent donc d'être absent de son poste de travail. « Pas de souci, je te donne des heures et du boulot », envoie-t-il à Sophie, lors de ses échanges téléphoniques, avant de préciser : « Demain je te fais un virement de 100 heures et j’ai un job pour toi. »

Robert (prénom d’emprunt), ex-délégué syndical dans le nord de la France, ancien membre du conseil fédéral de la CFTC Emploi mais écarté de l’organisation en 2017, reçoit en 2015 par erreur un SMS de WG à caractère sexuel. Il en informe immédiatement la section syndicale CFTC Emploi d’Île-de-France. Il a également connaissance de la gestion pour le moins personnelle du temps syndical pratiqué sous la période WG : « En distribuant des heures à Untel ou Unetelle, parfois pour ne rien faire du tout, il a fait venir beaucoup de gens à la CFTC. Il conservait aussi un moyen de pression évident : “Si je t’enlève tout, tu ne pourras plus faire de syndicalisme, il faudra retourner au boulot...” »

La CFTC Emploi, qui vient de se doter d’une nouvelle présidente à la suite de la démission de WG, l’ancienne secrétaire générale Sylvie Amblot-Aazzabi, l’affirme : « Dans les autres régions, ça ne se passe pas comme ça. Les activités syndicales se gèrent en équipe et pas en fonction des affinités que telle ou telle personne entretiennent ou non. »

« C’est clair, ce qui s’est passé est incompatible avec les valeurs de la CFTC Emploi »

Le syndicat, qui représente les différentes sections CFTC de Pôle emploi (ainsi que celles de l'Apec et de l'Afpa), affirme avoir été informé, dès le début d’année, du cas problématique de Karim par le biais d’une alerte CHSCT au mois de janvier. « Nous étions à l’époque, a priori, dans une affaire entre deux personnes et dans l’attente du résultat de l’enquête CHSCT qui devait tomber, raconte Sylvie Amblot-Aazzabi. Ensuite, nous sommes restés un long moment sans informations concrètes. »

Le syndicat national demande cependant à son président d’alors de « se mettre en retrait » en Île-de-France et de ne plus « manager les équipes syndicales » dans cette zone. À la même époque, à l’échelon supérieur de la pyramide CFTC, les membres du conseil de la fédération Protection sociale et Emploi, avec en copie leur président Cyril Chabanier, reçoivent eux aussi une alerte de Karim évoquant un litige syndical mais surtout une grande souffrance au contact de WG.

Puis un autre message est envoyé, cette fois-ci venant d’un délégué syndical de l’est de la France, dont l’intitulé est assez clair : « Sexe et magouille à la CFTC Emploi ». Le délégué met en garde contre une volonté « d’étouffer l’affaire ». Ce message est envoyé à tous les dirigeants de la fédération, ainsi qu’aux instances nationales de ce syndicat dirigé par Philippe Louis. « Quasiment tous les membres du conseil fédéral, les unions régionales, les unions départementales, tous les dirigeants, j’ai arrosé large… », confirme cet ancien délégué.

À la tête de la fédération CFTC Protection sociale et Emploi, on nie avoir reçu ce dernier message. « J’ai été alerté par une seule personne, qui dit avoir été harcelée et a perdu son mandat de délégué syndical, ce qu’il a mal vécu », répond aujourd’hui à Mediapart Cyril Chabanier, président de la fédération Protection sociale et Emploi de la CFTC. « Dans les couloirs, tout le monde savait, mais on a persisté à dire que le dossier était vide. La CFTC a été en dessous de tout », tempête le délégué syndical qui a envoyé le message. Sophie, simple adhérente, dit aussi sa colère : « Notre syndicat n’a pas bougé, il a fait la politique de l’autruche. »

La CFTC Emploi, à l'époque toujours dirigée par WG, se décide finalement à lancer sa propre enquête interne, en mai 2018, après la publication d’un article du Parisien, qui révèle un pan de l’affaire, et l’envoi d’un dernier message, émanant d’une membre de la CFTC d'une autre région et faisant état de « harcèlement sexuel ». Une douzaine de personnes sont entendues. « Cela a pu paraître long, concède Claudine Ruiz, l'actuelle secrétaire générale de la CFTC Emploi. Mais à l’époque, c’était difficile : on avait affaire à un double positionnement, régional, national, sans compter le lien hiérarchique que ce responsable avait avec certaines victimes. Très peu de gens ont parlé, c’était opaque. »

Claudine Ruiz confirme que des accusations de harcèlement sexuel et de harcèlement moral figurent bel et bien dans les témoignages recueillis et que la CFTC a pu consulter « des SMS à connotation sexuelle, des plaintes et une main courante, où il est fait état d’une personne que WG a tenté d’embrasser ». « La direction de Pôle emploi fait ses propres choix mais pour nous, à l’issue de l’enquête, c’est clair, ce qui s’est passé est incompatible avec les valeurs de la CFTC Emploi, conclut Wilfrid Wager, actuel vice-président de la CFTC Emploi. Et nous ne voulions pas qu’il puisse se prévaloir de ses mandats auprès du CHSCT. »

Car du côté de Pôle emploi non plus, cette affaire n’est en rien un long fleuve tranquille. Le CHSCT de l’organisme, informé de fiches de signalement exprimant une souffrance au travail et mettant en cause le directeur adjoint de la plateforme, a lancé dès le 27 février une enquête, conduite par une commission paritaire composée de deux membres de la direction et de cinq élus issus de différents syndicats, hors CFTC. Elle porte sur « des suspicions de harcèlement d’agents ayant des activités associées, des activités partagées par un tiers ayant un statut hiérarchique pour une partie d’entre elles », selon des procès-verbaux que Mediapart a pu consulter.

Comme pour l’enquête interne à la CFTC, une douzaine de personnes ont été entendues dans ce cadre, et au moins trois d’entre elles ont pu bénéficier du soutien d’une cellule psychologique mise en place par Pôle emploi, ainsi que des services de médecine du travail. Il leur a également été proposé de porter plainte et de bénéficier de la protection fonctionnelle, souligne la direction de Pôle emploi.

Selon le procès-verbal du CHSCT extraordinaire qui s’est tenu le 26 janvier 2018, ainsi que dans celui du 9 février, des élus syndicaux se sont cependant émus très tôt de l’absence de mesures conservatoires, « compte tenu du lien hiérarchique » qui existait encore entre WG et certains salariés, mais également du fait que la personne incriminée pouvait « se promener librement dans Pôle emploi » et ce alors même qu’une salariée avait témoigné devant le CHSCT avoir été embrassée sans son consentement, ce que confirme une source syndicale. Des faits susceptibles d'être qualifiés d'agression sexuelle par la justice. « Les membres de la direction ayant participé à l’enquête CHSCT ont entendu le récit des plaintes comme nous, rapporte un élu ayant participé à l'enquête depuis le début. Et le rapport conclusif en fait état. Il n’a pas été remis en cause sur ce point. »

« Dans ce dossier, il n’y a, à ma connaissance, pas d’agression sexuelle, argumente pourtant Philippe Bel, directeur régional Île-de-France, interrogé par Mediapart. Qu’il y ait eu des échanges de SMS entre adultes consentants ou pas, je suis d’accord. Nous avons aussi des promesses, qui ne se sont pas réalisées, des délégations d’heures garanties qui ne sont pas données, des salariés qui se disent suivis de très près, etc. Mais ce dont vous parlez, ça ne me dit rien du tout. »

Pas de quoi, donc, prendre des mesures pendant la durée de l’enquête, qui s’est finalement étalée sur cinq mois : « Mettre à pied quelqu’un qui est à 100 % en délégation syndicale, c’est un peu compliqué, explique Philippe Bel. Le fond du problème, c’est que j’ai considéré que nous n’avions pas les éléments pour une mise à pied. »

Le désaccord entre les élus et la direction ne se borne pas à cette question. Alors que le CHSCT devait rendre ses conclusions le 27 juin, la remise du rapport définitif et des préconisations a été repoussée au 4 juillet, signe d'une certaine difficulté à trouver une position commune. Et à cette date, les élus ont entamé les discussions par une déclaration portant sur les manœuvres qu’ils jugent « dilatoires » de la direction sur cette affaire, même s'ils reconnaissent par ailleurs un effort sur une volonté de prévention, de sensibilisation et d’information.

« La direction a déclaré qu’il n’y avait pas de faits suffisamment vérifiables ou recevables pour mener une action disciplinaire, mais qu’elle restait ouverte quant à la suite judiciaire donnée à l’enquête de police, s'étonne l'un des élus syndicaux présents à la réunion du 4 juillet. Cette réponse sibylline interroge sur les conséquences pour les futures victimes de tels agissements. Quel intérêt y aura-t-il à l'avenir à publiciser ce genre de comportements et à aller voir la direction, si c’est pour aboutir à un tel résultat ? »

Les élus du CHSCT ont donc pris rendez-vous avec l’inspection du travail, qui pourrait à son tour explorer la responsabilité de l'employeur vis-à-vis de son obligation de sécurité, prévue par la loi. « Le fait qu’il y ait eu un soutien réel des victimes prouve qu’il s’est passé quelque chose et que l’on a déployé les moyens de l’employeur pour prendre en charge des souffrances, qu'il ne s'agit pas d'un conflit purement syndical ou extérieur à Pôle emploi, poursuit l'un des membres du CHSCT. C’est tout le paradoxe. Ce monsieur peut se retrouver dans un placard, mais qu’est-ce qui va l’empêcher d’opérer à nouveau de la même manière ? »

À Pôle emploi, le licenciement est possible (et il a déjà eu lieu pour des affaires similaires), à condition que l’organisme dispose de témoignages précis et vérifiés, rappelle la direction : « La procédure disciplinaire est cadrée, contradictoire, et elle dépend d’une commission nationale. À ce stade, beaucoup de faits ont eu lieu au sein du syndicat et je n’ai donc pas les moyens d’investiguer. Même si cela concerne Pôle emploi en tant qu’employeur. » Philippe Bel concède que « la situation actuelle rend impossible » le retour de WG au sein de la plateforme « ou pour une fonction de management ». D’après nos informations, l’homme se serait vu proposer un poste de chargé de mission, ce qui ne l’affecte pas en termes hiérarchiques. « C’est une mutation, pas une sanction », estime Karim, affligé.

MEDIAPART - MATHILDE GOANEC



Article MEDIAPART  ici :
https://www.mediapart.fr/journal/france/050718/harcelement-pole-emploi-le-donald-trump-de-la-cftc-mis-en-cause?onglet=full

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