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l'art Managérial

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l'art Managérial

Message  efe le 5/7/2014, 08:14

2 Juillet 2014 Publié par La Citrouille / L'art managérial

Hébergeur d'image

Ça fait un petit moment que le sujet du management me trotte dans la tête. La question qui me taraude est la suivante : "Comment est-il possible que des gens a priori intelligents, que ces gens qui nous dirigent aient pu créer une telle organisation bêtifiante qu'est devenu Pôle emploi ?".

Dans notre maison, on distingue trois niveaux de management :


- le management de proximité : responsable d'équipe (agence, accueil, support)
- le management intermédiaire : du DAPE adjoint jusqu'au Responsable de service
- le management supérieur : tout ce qui est au-dessus de DTD


Peter et Dilbert

Le management est un secteur industriel spécialisé dans le clonage de managers Peter et Dilbert. Pôle emploi est un des leaders sur ce marché très concurrentiel. En fait le Principe de Peter a été appliqué dès la naissance de PE : le passage des assistants techniques de la qualification d'agent de maîtrise à celle de cadre en est un exemple évident. Pour la hiérarchie assédicienne il s'agissait d'occuper un maximum de postes d'encadrement dans la nouvelle institution PE. Mais par ce procédé purement politicien, ce sont des dizaines de personnes techniquement compétentes sur l'assurance chômage qui se sont retrouvées avoir atteint leur niveau d'incompétence en étant nommées à des postes d'encadrants (responsable d'équipe - REP - en général). Le mal a été décuplé par le fait que ces nouveaux encadrants ont du évoluer non seulement à des postes pour lesquels ils n'étaient a priori pas destinés ou sinon, peu ou pas formés, mais également dans un environnement totalement instable avec la mise en place de la mixité des métiers de l'Indemnisation et du Placement. C'est comme ça qu'on passe d'expert de la production à impétrant du management : très désagréable. Certains, qui ont fort mal vécu l'exercice, ont profité de la création des Référents Règlementaires et Applicatifs - RRA - pour retrouver en partie leur périmètre de compétences techniques.

Côté ANPE aussi ce principe s'est vérifié. Les évolutions des épreuves orales du concours d'administrateur (Directeur d'agence) nous ont fait embaucher des cadres au parcours professionnel séduisant, mais surtout bardés de diplômes sur-valorisés (ingénieurs par exemple) et un peu trop à l'aise dans l'exercice convenu de l'entretien d'embauche. Cela a été à l'origine de sacré erreurs de recrutement car inadaptées au poste de directeur d'agence.

Au niveau supérieur, c'est le profil Dilbert qui domine. Celui-là grimpe dans la hiérarchie grâce à son incompétence, puisque basé sur le principe que c'est à un poste de manager qu'il fera le moins de dégâts. A PE cette culture dilbertienne se retrouve surtout en structure (DT, DR). Elle pousse intensément dans les sillons creusés par les syndicats dominants à PE : FO et la CFDT. A PE, le Dilbert peut être DTD, DT, Responsable de service en DR, Directeur de département. Le Dilbert se caractérise donc par son manque de vision, son inaptitude à organiser les activités, son incapacité à prendre des décisions.

Les Peter et les Dilbert sont aux ordres des DRA et du DR. Les premiers parce qu'ils ont été nommés par ceux-ci pour donner un peu de "fraîcheur" professionnelle ; les deuxièmes parce qu'ils sont des pantins voués à faire la clap.

Attention ! Je ne dis pas qu'il n'y a que des Peter et des Dilbert en structure. Si les deux profils cohabitent, il y a aussi des managers compétents (si si) mais je peux vous garantir qu'ils souffrent tous les jours et s'épuisent à essayer de mettre un peu d'intelligence (de cohérence) dans cet océan de bêtise et de méchanceté.



DG pour Dorian Gray

Je n'ai pas parlé de la DG volontairement. Parce qu'à la DG c'est un peu plus subtil. D'abord un manager est toujours affublé d'un aréopage de consultants CapGé, ce qui rend l'incompétence plus difficile à détecter.Là c'est plutôt le manque de leadership charismatique qui est criant. La DG étant le lieu où se décide la stratégie, un cadre supérieur devrait maîtriser l'art du discours, avoir une crédibilité éthique et emporter l'adhésion de tous ses collaborateurs par sa force de conviction. Il y a trop souvent une des trois dimensions qui fait défaut.

Je me réfère "Au portrait de Dorian Gray" dans sa compréhension simpliste de beau à l'extérieur et laid à l'intérieur. C'est dans les caractéristiques du cadre supérieur que je fais l'analogie à Dorian Gray : le discours s'est transformé en communication creuse, l'éthique en égotisme, l'émotion en manifestation caractérielle.

Je m'autorise à être déçue et donc à juger ces gens qui nous dirigent et suis d'autant plus critique qu'ils sont les représentants de l'élite française. Et c'est peut-être là qu'est l'origine du manque de charisme de nos dirigeants. Habitués aux louanges répétées tout au long de leurs années d' éducation, ces élites sont tellement formatées à l'exercice du pouvoir que, malgré leurs réelles capacités intellectuelles, ils ne savent qu'appliquer des théories managériales à la mode mais mal digérées, bouffis de leur arrogance et de leur mépris envers leurs collaborateurs. Leur pratique du pouvoir atteint un tel niveau de vanité et de caricature qu'on peut parler d'"esthétisme du pouvoir" tant à PE tout n'est qu'affichage :

moi, manager forcément génial, je mets en place des pseudos pratiques démocratiques genre Innov'action alors que j'ai déjà choisis les projets qui seront forcément sélectionnés. Je fais en sorte que ces projets soient enregistrés dans Innov'action pour montrer qu'ils sont issus de la plèbe
moi, manager forcément génial, je fais semblant de comprendre les préoccupations du Réseau comme avec le Baromètre social ou "Ca bouge à l'agence"
La dernière production de ces esthètes est le nouvel organigramme préformaté CapGé. On y retrouve l'ancienne DGA "Clients, Services et Partenariats" de l'ère Charpy renommée en "Stratégie, Opérations et Relations extérieures" ; un organigramme qui cache difficilement ses visées politiciennes : je te nomme à un poste de direction parce que j'ai besoin de réussir la négociation sur la classification mais après je te vire. Vous verrez également qu'il n'y a plus de service dédié à l'EID (tiens tiens). Les gueux comme nous le trouveront tout aussi incompréhensible que le précédent mais c'est pas grave. C'est forcément brillant, dégoulinant d'esthétisme comme de l'art managérial contemporain.


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